Architecture
Les origines du château (fin de l’an mil – 1150)
Aucun dessin ou document ne permet de connaître avec certitude l’aspect du château initial et ses évolutions. Ce sont les travaux des archéologues, comme ceux initiés par Nicolas Faucherre et poursuivis par Nicolas Prouteau et ses étudiants du CESCM, qui permettent de reconstituer progressivement son histoire.
À l’origine, le château se dresse sur un éperon rocheux, protégé par un fossé qui l’isole du plateau environnant. Le donjon roman est construit à l’aplomb de la falaise et constitue le cœur défensif du site. L’accès se fait par une porte percée dans l’enceinte, renforcée par des contreforts. À cette époque, il n’existe pas encore de tours ni de bâtiments annexes.
Renforcement des défenses (1200 – 1230)
Entre 1200 et 1230, la région est marquée par les conflits entre les rois de France et d’Angleterre. Le château évolue pour répondre aux exigences militaires de l’époque. Les premières courtines sont élevées pour protéger l’ensemble du site, complétées par des tours semi-circulaires équipées d’archères.
La tour porte devient un élément défensif central. Un pont-levis est ajouté, ainsi qu’un assommoir permettant de défendre l’entrée. Le sommet des tours et des murs est renforcé par des hourd, des galeries de bois en surplomb permettant de repousser les assaillants. Un chemin de ronde relie les tours aux murs, offrant une meilleure circulation pour les défenseurs.



Construction de la tour de guet (1330 – 1350)
Avec le début de la Guerre de Cent Ans (1330 – 1350), la défense du château est encore renforcée. La tour porte est modifiée : des fenêtres à meneau sont percées et des cheminées sont installées dans les pièces côté cour. Une tour de guet octogonale est ajoutée, équipée d’un escalier à vis permettant d’accéder aux étages. Avec ses 28 mètres de hauteur, elle offre une vue stratégique sur les environs.
Transformation en résidence seigneuriale (1450 – 1500)
Entre 1450 et 1500, les fortifications s’adaptent aux évolutions de l’artillerie. Une extension est ajoutée à la tour porte pour accueillir des pièces d’artillerie. Le pont-levis est supprimé et l’entrée du château est déplacée. Un boulevard protégé d’une enceinte remplace l’ancien fossé.
Le château devient également une résidence seigneuriale. Un logis est construit contre la falaise, doté de fenêtres sculptées, d’une cheminée monumentale et d’un escalier à vis. Une chapelle dédiée à Sainte Marguerite est consacrée en 1452 par l’archevêque de Tours.
Du déclin à la ruine (XVIIᵉ – XXᵉ siècle)
Au XVIIᵉ siècle, le château perd sa fonction militaire et devient une résidence aristocratique. Des logis sont aménagés, comme en témoigne un blason daté de 1623.
À partir de 1730, Marc Pierre, comte d’Argenson, utilise les pierres du château pour construire son château des Ormes. Tous les logis sont détruits, ne laissant que la tour de guet, la tour porte et une partie de l’enceinte. Le site devient alors une exploitation agricole.
Au début du XXᵉ siècle, la construction de la route actuelle entraîne la destruction d’une des tours de l’enceinte. Aujourd’hui, les vestiges du château témoignent de son évolution à travers les siècles, de la forteresse médiévale à la ruine romantique.